ORAL : conseils 4 à 6

7 janvier 2018

Je poursuis donc mon cheminement pour vous adresser quelques conseils, dans le prolongement des oraux que je fais passer à des étudiants en formation initiale et à des professionnels en formation continue. Vous êtes prêt(e) ? Eh bien…c’est parti !

4- « Comment faire pour ne pas être stressé(e) ? »

Dernièrement, je donnais quelques conseils à des étudiants pour leur indiquer « comment faire » afin de ne pas être (trop) stressé. Un minimum de « bon stress » peut être utile, ne serait-ce que pour bien mesurer le défi qu’il s’agit de relever (faire une bonne prestation, afin que notre candidature soit retenue) mais trop de « mauvais stress » ou de « stress excessif » peut aller jusqu’à empêcher un candidat d’arriver à parler ! Je connais quelques (très rares) candidats à qui il est arrivé de rester complètement bloqués devant le jury : impossible de sortir un seul mot ! J’insiste : c’est extrêmement rare mais il est tout à fait possible de s’entraîner pour s’éviter ce genre de désagrément.

S’inquiéter de savoir « comment » gérer son stress le jour « J » est donc, à mon sens, une inquiétude légitime et même complètement pertinente. Inutile d’attendre ce même jour « J » pour réaliser qu’on n’est pas capable de gérer son stress : mieux vaut veiller, lors d’un entraînement, à intégrer quelques conseils. Voici donc les conseils que je donnais il y a peu, et que je ne développerai pas de trop car j’en ai souvent parlé. Allez voir mes textes sur ce sujet, mes ouvrages, mes articles sur le blog… Je disais à quelques étudiants qu’on peut faire en sorte :

1- d’utiliser la gestuelle : pour être « corps et âme » dans ce qu’on dit ; au lieu d’être ici dans son discours (de présentation de parcours) tout en tentant d’être en même temps « dans la tête du jury » et croire ce faisant qu’on va pouvoir scruter le cerveau des membres de jury afin de déceler « ce qu’ils pensent de nous, de notre prestation ». Exercice vain, totalement inutile : jamais…vous ne pourrez entrer dans le cerveau d’un membre de jury. Il est possible de se rendre dans la lune mais, aussi étrange que cela puisse paraître, il n’est pas (encore) possible de se rendre…dans le cerveau du type en face de nous. C’est peut-être triste mais…c’est comme ça ! Inutile donc de perdre son temps à essayer de penser à ce que l’autre pense de nous : d’une part on n’y arrivera pas, d’autre part il est bien plus pertinent de mettre toute son énergie à être complètement, « corps et âme », dans ce qu’on raconte. Être ici et, en même temps là-bas (dans le cerveau de l’autre) : ce n’est pas possible les amis ! Ne perdez donc pas votre temps et votre énergie avec cela !

2-de faire « comme si » ils n’étaient pas stressés. Eh oui, car en faisant « comme si », on prend l’habitude et…on finit par se transformer en personne non stressée (ou…pas trop stressée). Par ailleurs, les membres de jury – on l’oublie souvent – ne peuvent voir que les apparences : nous pouvons tout à fait, en tant que candidat(e) être très stressé(e) intérieurement, mais si nous faisons en sorte de faire « comme si » nous ne l’étions pas et que « ça passe » au niveau des apparences (personne n’arrive à nous soupçonner d’être stressé !) alors le jury qui ne se rend compte de rien ne sera aucunement gêné par le stress classique qui finit en général par générer des ruptures de communication (le candidat met beaucoup [beaucoup trop…] de temps à répondre ou à dire ce qu’il a à dire parce qu’il passe et perd son temps à se demander, par avance, ce qu’on va penser de cette fichue phrase qu’il hésite à faire sortir de sa bouche. Compliqué en terme de communication…)

3-de faire « comme si » on parlait à des amis. Ce n’est pas évident mais…c’est tout à fait faisable de parler à quelqu’un (membres du jury) en imaginant qu’on a affaire à quelqu’un d’autre (à ses meilleurs amis, ceux avec lesquels on est plus à l’aise qu’avec un « jury » qui, par définition, nous « juge »). Il suffit, une fois de plus, d’aller dans sa salle de bain pour s’entraîner : face à la personne en face, dans le miroir, on « apprend » à sourire, et à parler « comme si » on s’adressait à ses amis. Du coup, le jour « J », l’habitude aidant, on aura pris le pli de « visualiser » la tête de notre meilleur(e) ami(e) à la place de la tête de tel membre de jury et…forcément…on sera plus à l’aise (ne le soyons tout de même pas « trop » car…il ne s’agit pas de s’exprimer de façon complètement relâchée par exemple, ni de s’asseoir de travers comme si on était dans un bar ! ).

4-d’utiliser la « dynamique interrogative ». Au lieu de dire « j’ai occupé 3 postes et ce sont 1°)… 2°)…3°) », on dit : « j’ai occupé 3 postes » puis on ajoute « alors, quels sont ces 3 postes…(silence de 2 secondes, pour laisser à l’autre, en face, le temps de s’approprier notre question et de se la poser en même temps que nous…) ? Eh bien, ces 3 postes, ce sont…[puis on cite un à un les postes] ». Quand on pose une question, il y a quelque chose d’étonnant qui se passe. Essayez vous-même, vous allez voir que ça marche à tous les coups. Quand on pose une question, que se passe-t-il ? [notez…que je viens de poser, moi-même, une question] Eh bien, il se passe ceci : on capte aussitôt l’attention de l’autre ! Et…quand on « capte aussitôt l’attention de l’autre » (au lieu de le voir regarder ailleurs et se désintéresser totalement de ce qu’on raconte), que se passe-t-il ? [autre question…] Il se passe très exactement ceci : on sent que l’autre est dans ce qu’on raconte et cela déstresse aussitôt ! Car : autant il est stressant d’avoir l’impression de « parler dans le vide » quand personne ne semble s’intéresser à ce qu’on dit, autant on se sent rassuré, rasséréné, quand on « sent » que l’autre est « complètement dans ce qu’on raconte ». Pas vrai ? [eh oui…je pose encore une dernière question ;- ) pour conserver votre attention ! « pas con, le p’tit Philippe Géléoc, hein ? » [= question ultime… The end… 🙂 ]
5- Objection à ce que je viens de dire (et…contre-objection, Votre Honneur…)

Dernièrement on m’a fait une objection (dont j’imagine, à tort ou à raison, qu’elle est fréquente dans la tête de quelques-uns, qu’elle traverse l’esprit de plus d’un et plus d’une) :

Voici cette objection :

« Oui mais, pour toi, Philippe, c’est PLUS FACILE de ne pas être stressé car 1°) tu as déjà parlé plein de fois en public, 2°) tu as l’habitude, 3°) tu es convaincu quand tu parles et 4°) ça a fait ses preuves, le fait que tu arrives à gérer ton stress »

Voici ma contre-objection, sous forme de questions, à ceux qui s’apprêtent à aller passer un oral peut-être dans quelques jours (je reprends les 4 points qui précèdent, un par un) :

1°) Oui, certes, j’ai déjà « parlé plein de fois » en public mais…qui (à part vous?) vous empêche de répéter « plein de fois » votre présentation de parcours (d’une durée de 5 à 10mn en général) : et même cent cinquante fois avant le « vrai oral du jour J » ? Qui vous en empêche ? QUI ???

2°) Oui, certes, « j’ai l’habitude », mais imaginons que vous répétiez votre présentation de 5mn à 8h, puis à 9h, puis à 10h, puis à 11h, puis une dernière fois à midi avant d’aller manger. Et…imaginons que vous reprenez à 14h devant votre glace dans la salle de bain : une fois à 14h pareil pendant 5mn, puis après une petite marche, à 15h pendant 5mn, puis…après une autre petite marche de 30 mn, vous refaites cela 5mn encore à 16h, puis une avant dernière à 17h et une toute dernière à 20h. Savez-vous ce que cela fera ? Cela fera 5mn multipliées par 10 : 50 mn d’entraînement et 10 entraînements dans une journée (5mn à chaque fois… : il y a plus « crevant » dans l’existence, non ?). Eh bien, à mon humble avis, VOUS AUSSI, vous « aurez l’habitude » !!! Je ne suis tout de même pas le seul être sur cette terre capable de prendre une petite habitude ? Hein ? Rassurez-moi !?!

3°) Oui, je suis « convaincu quand je parle » et même…convaincu quand j’écris (comme en cet instant). Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il ne sert à rien d’essayer de convaincre quelqu’un si on n’est pas convaincu soi-même ! Croyez-vous, par exemple, que je perdrais mon temps un dimanche (comme en cet instant) à écrire et à donner des conseils si je n’étais pas « convaincu » ? Et pensez-vous que, POUR VOTRE PART, VOUS seriez convaincu par la pertinence de mes conseils si…je faisais la moue, si…je doutais d’être bon pour ce qui est de donner des conseils, bref : si je n’étais pas moi-même « convaincu » de la pertinence de mes propres conseils ? Re-bref : si vous voulez convaincre l’autre, vous n’avez pas le choix : il faut ABSOLUMENT être convaincu par ce que vous racontez, sinon l’autre sentira aussitôt la faille et…ne croira pas un seul instant à des conseils auxquels vous semblez ne pas croire vous même. C’est une évidence ! Re-re-bref : quand JE VEUX décrocher un concours, effectivement, il faut « que je fasse tout » pour paraître convaincu ! C’est un devoir ! C’est un impératif ! Car : qui vous croira, si…vous ne croyez pas en vous-même ? Qui sera convaincu par le contenu de votre discours si…ce discours ne vous convainc pas vous-même. En résumé : « soyez convaincu ! » ou alors…partez faire autre chose. Je ne sais pas moi : un tour à la pêche, ou faire une pétanque, ou vous lancer dans un atelier « pâte à modeler », mais…de grâce…n’allez pas vous présenter « non convaincu(e) » à un jury. Vous risqueriez…de l’endormir…

Et si vous manquez d’énergie pour « être convaincu », pour « avoir la pêche »,… dressez aussitôt un plan d’action ! « Marche rapide », « course à pied » « trampoline »… : ce n’est pas le choix qui manque pour se « rebooster » et se regorger d’énergie !!!

En clair (et…on ne peut plus clair!) : BOUGEZ-VOUS !!! BOUGEZ-VOUS !!!

4°) Oui « ça a fait ses preuves le fait que j’arrive » moi Philippe Géléoc « à gérer mon stress ».

Oui mais… : et alors ??? Qu’est-ce qui vous empêche de faire comme moi, ou comme « qui vous voulez » et qui y arrive aussi ?

Savez-vous que je m’entraîne « tous les jours » et « plusieurs fois par jour » à prendre la parole ? Dans ma salle de bain, dans ma voiture… Au point que mes proches ont failli contacter les urgences au départ en se rendant compte que je parlais haut et fort tout seul dans la salle de bain [ceci est…une plaisanterie…Je préfère préciser…mais ce qui est vrai et n’est pas une blague c’est que je m’entraîne « hyper régulièrement » à « entrer dans l’élément de la parole »].

Je connais quantité de gens qui, après les études, ont arrêté d’écrire, arrêté de lire, arrêté de prendre l’habitude de faire un exposé. Mon humble particularité ? Je n’ai JAMAIS arrêté décrire (j’écris plusieurs centaines de pages par an), je n’ai JAMAIS arrêté de lire (et je suis passé de 36 livres lus par an à plus de 100 en 2017, 101 très exactement) et…je n’ai jamais arrêté, non plus, de faire des exposés (j’en fais un tout seul dans ma voiture à chaque fois que je vais au travail, pendant environ 1h.)

Alors « OUI », ça a fait ses preuves, mais…QUI vous empêche, vous aussi, de « faire vos preuves » et, au préalable, de vous entraîner TOUS LES JOURS à parler UN PEU en « répétant et répétant  encore » votre présentation de parcours . QUI (à part vous…) vous empêche de noter 10 questions sur une page puis de fermer les yeux, de pointer votre doigt sur la liste pour ouvrir ensuite à nouveau les yeux et découvrir à quelle question vous allez « dès cet instant » faire en sorte de vous entraîner à répondre ? QUI VOUS EMPECHE DE FAIRE CELA ? QUI ? Et…QUI VOUS EMPECHE DE FAIRE, VOUS AUSSI, VOS PREUVES ? QUI (à part… vous peut-être, si je puis me permettre…) ?

6- Parler « de façon stratégique » : dans l’objectif de valoriser sa candidature

J’entendais un étudiant me dire dernièrement (lors d’un entraînement à l’oral) : « on m’a refait UN CDD là où je travaille actuellement ». Pourquoi pas, mais…pourquoi ne pas formuler les choses un peu autrement ? Surtout si on est en train de passer un oral de concours et que le concours en question est censé nous mener à occuper des fonctions de « cadre », et donc peut-être bien de « responsable » d’un service, bref de « chef(fe) » ! Au lieu de dire « ON m’a fait un CDD » et de parler de ces autres qui ont fait quelque chose…pourquoi ne pas dire par exemple : « un CDD m’a été proposé, dans le prolongement d’une première mission. On souhaitait ME CONFIER une mission de… et J’AI DECIDE de donner une suite favorable à cette proposition ».

Que nous dit cette deuxième formulation ? Elle nous dit au moins ceci :

1°) On vous a recontacté…ce qui laisse entendre que « vous faisiez l’affaire » car : quel patron serait assez idiot pour…recontacter quelqu’un qui ne faisait pas l’affaire ? Sauf à avoir des tendances suicidaires pour lui et sa « petite entreprise »…

2°) On a souhaité « vous confier » : CONFIER = CONFIANCE, donc d’autres vous font d’ores et déjà CONFIANCE. Cela ne peut que rassurer et sécuriser le jury qui hésiterait à retenir votre candidature ; non ?

3°) « J’AI DECIDE DE… » : voilà quelqu’un de « proactif » ! Voilà quelqu’un qui « prend en main » son parcours, sa destinée ! Voilà quelqu’un qui s’efforce de donner le cap à sa vie professionnelle au lieu de dériver en fonction des courants ! Bref : voilà quelqu’un qu’on imagine bien demain sur des fonctions de « CADRE », de « CHEF » !

« Merci pour le temps que vous m’avez consacré pour la préparation de mon oral au concours de [concours B], y compris pendant votre week-end.

Vos conseils quant à l’attitude à adopter face au jury et à la manière de s’adresser à lui vont m’être utiles le jour J, ainsi que vos « astuces » pour la gestion du stress. Il m’appartient désormais de m’entraîner à les mettre en application ! Bonne journée, »

Témoignage de candidats / 6 janvier 2018

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